Henri Farman

henrifarmanHenri Farman, est né le 26 mai 1874 à Paris. Elevé chez son père, il y respire une atmosphère de haute et libre culture. Guidé par une mère artiste, il acquiert le goût des belles choses. C’est tout naturellement qu’il rêve de se faire un nom. En 1892, il fait du sport à bicyclette et gagne ses premiers 100 km, puis vient l’automobile pour laquelle il se passionne. En 1904, il dépasse le 100 km/h de moyenne au circuit d’Auvergne. Un virage pris un peu trop vite l’envoie dans le ravin.

Enfin, il est « pris » par l’aviation, après avoir rêvé, le crayon à la main devant des corps nus ou des paysages. Ce n’était pas la meilleure préparation pour celui qui tracera un jour, à la craie, sur une table, la forme d’une aile à laquelle il suspendra sa vie.

Février 1907, Henri Farman fait ses comptes : il a économisé plus d’un demi-million-or. Il réalise son premier avion dans un hangar à Mourmelon. Il est si pressé d’en finir que cela tient parfois avec des ficelles.
C’est avec des ficelles entre les dents et d’autres nouées aux pieds qu’il accomplit un vol de 1 km en circuit fermé, le 13 janvier 1908. Il s’installe sur le territoire de Louvercy, ce village construit « en briques sombres et couvert de tuiles ». On peut atterir partout, s’envoler de mille endroits. Avec Kieffer, dit « Charlot », ils se firent charpentiers, ce sont les deux premiers ouvriers de l’ « Usine Farman ».

henrifarman2Le 1er mars de la même année, c’est le premier vol contrôlé de Farman pendant 1h47 au-dessus du « Petit Mourmelon » et de Louvercy.
Farman choisit le voyage de Mourmelon à Reims, il l’étudie en voiture, à bicyclette, à pied, il fait et refait l’itinéraire. Voisin et Guérin sont dans la confidence. Le 30 octobre 1908, à 15h30, il part de Bouy où il attérit 20 minutes après pour 27 km à Reims. Il a battu le record du monde de vitesse. Il raconte : « Ma tranquillité a été de courte durée. Voilà le moulin à vent de Mourmelon-le-Petit… Bah ! pensai-je, on ne meurt qu’une fois ! Le moulin, le chemin de fer, le village de Louvercy, je passe par dessus. Ce jour, j’ai goûté la plus grande joie de ma vie ». Alors que dans les champs, les paysans s’enfuyaient par bandes. Puis il relie Châlons à Reims sans incident.

Il a trente six ans, il monte une usine et le premier avion dirigé sur Mourmelon où vingt concurrents apprennent à voler : Blériot, Voisin, Lathan… Ceux-là même qui feront au Président Fallières la jolie réponse à la question : « qu’étiez-vous dans le civil avant d’être pilote ? », « Hommes du monde M. le Président ».
Farman raconte qu’un de ses premiers élèves, à Mourmelon, sentant son appareil quitter le sol, a , de peur, sauté, son aéroplane lui est passé sur le corps sans dommage.

En juillet 1909, Blériot traverse la Manche.
En août 1909, à la Grande semaine d’aviation de la Champagne qui amènera une immense foule, Farman vole à 70 km/h pendant 2h43. Lathan est battu. Il remporta également le prix des passagers avec 2 passagers à bord en volant à la vitesse de 53 km/h en 10 min 39 s.
En 1910, Farman réalise un vol de 232 km en 4h17 à une hauteur de 453 mètres. A l’occasion de la coupe Michelin le 18 décembre, il bat le record de temps avec plus de 8 heures de vol.
En juillet 1938, Farman assiste à l’inauguration du monument érigé au carrefour du camp en l’honneur des héros de l’aviation.

Il s’éteignit le 18 août 1958 à Paris.